Sur un plateau d’argent – Sophie Bérubé

J’ai particulière apprécié que Catherine soit un personnage imparfait. Ce n’est pas la femme d’affaires à qui tout réussit : elle a tout perdu et s’est reconstruite ! Elle a aimé beaucoup, beaucoup trop. Elle y a laissé son amour propre, sa santé mentale. Elle avait pourtant quitté gros pour se rapprocher de l’homme avec un grand H. Pourtant, peu de temps après, il est sorti de sa vie, la laissant seule avec ses questions. Alors qu’elle a retrouvé un équilibre, que son cœur a retrouvé preneur, l’homme avec un grand H se manifeste de nouveau. Il l’ébranle, encore une fois, et c’est là que tout se simplifie et se complique à la fois.

La beauté sans cruauté – Marie-Noël Gingras

Lorsque j’ai lu le résumé de l’éditeur, je me suis dit : « Oh ! Petit guide confrontant en vue ! »   Je vous mets en contexte. Si les gens me connaissent principalement comme militante du milieu de l’autisme, à la base, je suis diplômée en commercialisation de la mode. Avant d’être emportée par le tourbillon de l’autisme de ma fille, il y a huit ans, je travaillais dans un bureau d’achats dans l’industrie de la mode. Les dernières tendances, une nouvelle collection de vêtements chaque saison et une mention dans mon contrat de travail que le maquillage est une obligation lors des rencontres dans le cadre de mon travail, c’est de là que je viens ! Suis-je le public cible que l’auteure du blogue Sans Cruauté souhaite conscientiser avec la publication de La beauté sans cruauté ? Probablement un peu plus coriace que les gens en général en raison de mon passé professionnel. Pourtant, le petit dernier des éditions Trécarré passe le test. 

Votre intuition, ce superpouvoir – Pierrich Plusquellec et Nathe François

Même l’autisme s’invite dans ce livre ! Malgré qu’il n’y soit pas question d’autisme en continu, il y a quelques passages fort intéressants. Mon passage préféré : selon une étude publiée en 2013, ayant pour titre : « Personnal space regulation in childhood autism spectrum disorder », chez les enfants, l’espace à partir duquel ils vont ressentir une invasion pourrait s’étendre jusqu’à 3m. Rien pour rassurer Véronique, la maman d’un enfant autiste, qui doute déjà du confort de son fils dans cette si petite classe qu’il fréquentera à la rentrée scolaire cet automne. Par contre, une information fort utile qui expliquerait pourquoi certains enfants autistes semblent constamment agressés dans un local plus restreint où il y a plusieurs autres enfants et intervenants.

Avec un grand A – Jeannette Bertrand

Jeannette Bertrand. Une dame de cœur, de tête, un modèle pour plus d’une génération de femmes. Je suis de celles qui admirent sa façon d’aborder les tabous. D’aussi loin que je me souvienne, ces derniers ne lui ont jamais fait peur. Lors du début de la diffusion de L’amour avec un grand A, j’étais trop jeune pour en faire l’écoute mais je me souviens de quelques épisodes car lorsque ma mère écoutait son «programme», je me couchais sur ses cuisses, elle me flattait les cheveux et je faisais semblant de dormir… J’ai vu des choses qu’une enfant si jeune ne doit pas voir mais je vous rassure, je n’en garde aucun traumatisme. Au contraire, je crois que ça m’a servie, bien souvent. Pour ces raisons, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai accueilli le nouveau roman de Mme Bertrand : Avec un grand A.

Éli : Comprendre la dépression à l’adolescence – Stéphanie Deslauriers

J’ai particulière apprécié ce livre écrit sous la forme d’un blogue. La narratrice, une adolescente de 15 ans, se prénomme Éli. Elle se confie sans tabou au sujet de sa dépression et des impacts de cette dernière sur son quotidien. L’auteure et psychoéducatrice Stéphanie Deslauriers a su marier le récit de l’adolescente aux ressources pertinentes afin de bien outiller le lecteur.

Carnet d’un imposteur – Hugo Horiot

Je n’avais pas particulièrement apprécié le premier livre de Hugo Horiot, L’empereur, c’est moi. Ce livre était décrit comme un récit, pourtant j’avais l’impression de lire de la science-fiction. Bien sûr, on me rappelait que c’était la vision d’une personne ayant reçu un diagnostic d’Asperger. Cependant, dans les faits, Hugo Horiot n’a jamais reçu de diagnostic. C’est le roman de sa mère, ainsi qu’une vidéo de quelques minutes tournée par un ami, lorsqu’il était adolescent, qui lui sert de diagnostic. J’ai beaucoup de difficulté avec l’autodiagnostic. Le syndrome d’Asperger est complexe et est fréquemment confondu avec d’autres diagnostics.

Guide à l’intention des familles -Fédération québécoise de l’autisme

Ce guide, je l’espérais depuis longtemps. Pas simplement pour moi, mais également pour les parents qui reçoivent chaque semaine un diagnostic de Trouble spectre de l’autisme pour leur enfant. Des guides sur l’autisme, il y en a des dizaines. Règle générale, ils sont écrits par des professionnels en santé mentale et traitent de théories spécifiques. Sinon, dans l'autre extrême, l’auteure, souvent un parent, transmet ses croyances, ses préférences et son expérience personnelle. Des livres de ce genre, j’en ai lus beaucoup et habituellement, ils sont très volumineux.

Clara : les désordres alimentaires à l’adolescence – Vanessa Germain

Transmettre de l’information à des adolescents sans tomber dans le discours moralisateur et alarmiste, qui les fait décrocher à coup sûr de leur lecture, est un défi de taille pour les auteurs jeunesse. Principalement, lorsqu’ils se donnent le mandat d’aborder un sujet aussi sensible que les désordres alimentaires. Ce n’est pas donné à tous les auteurs de se mettre dans la peau d’un adolescent sans que la plume trahisse que l’auteur du manuscrit est un professionnel de la santé mentale.

L’enfant mascara – Simon Boulerice

Je m’intéresse beaucoup à la différence. Tout ce qui demande que l’on conscientise m’interpelle. J’aime que l’on me raconte la différence, comment les gens la vivent ainsi que ce par quoi ils sont passés. L’être humain me fascine par sa diversité. Il est encore plus agréable de découvrir la ligne de pensée, la différence, lorsque la plume est magnifique et que l’histoire est passionnante. Je l’avoue, j’ai un gros faible pour le travail de Simon Boulerice. L’enfant mascara ne m’a pas déçue, il m’a épatée.

Prague – Maude Veilleux

J’aime les tabous, le hors norme. Quand il y a une touche de détresse, un manque de stabilité émotive, j’adore. J’aime les histoires compliquées, les personnages qui se mettent dans le trouble, qui se promènent sur le bord de la rivière, qui tombent dedans. Nelly Arcan me manquera toujours pour cette raison-là! Pour toutes ces raisons, ce livre m’a conquise très rapidement. Les personnages particuliers, la narratrice surprenante.