Dame mature – Guylaine Guay

Le petit dernier de Guylaine Guay, c’est beaucoup plus qu’un livre sur la périménopause. C’est un retour sur sa vie parsemée de joies, de peines. C’est la franchise, la sagesse d’une femme qui transmet ses constats, suite à une introspection que Dre Christiane Laberge décrit comme propre à celles qui sont sur le chemin de la ménopause. La comédienne, l’humoriste, la militante et la femme Guylaine fait partie de mes réseaux sociaux depuis trois ans. J’ai échangé quelques fois avec elle en raison de notre implication dans le milieu de l’autisme québécois, mais dans ce livre j’ai eu l’impression de traverser le miroir. La périménopause est un sujet intime et Guylaine entretient ce lien d’intimité entre elle et le lecteur jusqu’à la dernière page. C’est un livre rempli de confidences. On se sent privilégié d’avoir accès à elle de cette façon.

Sur un plateau d’argent – Sophie Bérubé

J’ai particulière apprécié que Catherine soit un personnage imparfait. Ce n’est pas la femme d’affaires à qui tout réussit : elle a tout perdu et s’est reconstruite ! Elle a aimé beaucoup, beaucoup trop. Elle y a laissé son amour propre, sa santé mentale. Elle avait pourtant quitté gros pour se rapprocher de l’homme avec un grand H. Pourtant, peu de temps après, il est sorti de sa vie, la laissant seule avec ses questions. Alors qu’elle a retrouvé un équilibre, que son cœur a retrouvé preneur, l’homme avec un grand H se manifeste de nouveau. Il l’ébranle, encore une fois, et c’est là que tout se simplifie et se complique à la fois.

La beauté sans cruauté – Marie-Noël Gingras

Lorsque j’ai lu le résumé de l’éditeur, je me suis dit : « Oh ! Petit guide confrontant en vue ! »   Je vous mets en contexte. Si les gens me connaissent principalement comme militante du milieu de l’autisme, à la base, je suis diplômée en commercialisation de la mode. Avant d’être emportée par le tourbillon de l’autisme de ma fille, il y a huit ans, je travaillais dans un bureau d’achats dans l’industrie de la mode. Les dernières tendances, une nouvelle collection de vêtements chaque saison et une mention dans mon contrat de travail que le maquillage est une obligation lors des rencontres dans le cadre de mon travail, c’est de là que je viens ! Suis-je le public cible que l’auteure du blogue Sans Cruauté souhaite conscientiser avec la publication de La beauté sans cruauté ? Probablement un peu plus coriace que les gens en général en raison de mon passé professionnel. Pourtant, le petit dernier des éditions Trécarré passe le test. 

Votre intuition, ce superpouvoir – Pierrich Plusquellec et Nathe François

Même l’autisme s’invite dans ce livre ! Malgré qu’il n’y soit pas question d’autisme en continu, il y a quelques passages fort intéressants. Mon passage préféré : selon une étude publiée en 2013, ayant pour titre : « Personnal space regulation in childhood autism spectrum disorder », chez les enfants, l’espace à partir duquel ils vont ressentir une invasion pourrait s’étendre jusqu’à 3m. Rien pour rassurer Véronique, la maman d’un enfant autiste, qui doute déjà du confort de son fils dans cette si petite classe qu’il fréquentera à la rentrée scolaire cet automne. Par contre, une information fort utile qui expliquerait pourquoi certains enfants autistes semblent constamment agressés dans un local plus restreint où il y a plusieurs autres enfants et intervenants.

Le monstre la suite – Ingrid Falaise

Le récit d’Ingrid, c’est son histoire et celle de tant de femmes à la fois. C’est extrêmement bien écrit. Je suis tout aussi admirative de son talent de comédienne que de sa plume d’auteure. Principalement, lors de la lecture d’un récit, j’ai besoin de sentir l’intensité et la vérité des propos. La lecture des lignes d’Ingrid secoue, en raison de la justesse du ressenti durant la relation mais de ce qui s’ensuit, aussi.

Moi aussi j’aime les hommes – Alain Labonté et Simon Boulerice

Dès les premières pages, ce livre m’a prise en otage. Cette correspondance passionnante entre les deux auteurs a capté mon intérêt jusqu’à la fin. J’ai souri, j’ai été émue aussi. La transparence des deux auteurs qui se racontent, qui se confient, est enivrante. Ils livrent des passages de leur adolescence, entre autre sur l’intimidation, des rencontres entre adultes, avec qui ils partagent leurs plaisirs, parfois moins. Ils échangent sur divers sujets d’actualité et nous sommes les espions, ceux qui ont accès à cette correspondance entre deux amis issus de deux générations différentes. Les deux plumes se marient bien, on se laisse porter par leur récit respectif.

Carnet d’un imposteur – Hugo Horiot

Je n’avais pas particulièrement apprécié le premier livre de Hugo Horiot, L’empereur, c’est moi. Ce livre était décrit comme un récit, pourtant j’avais l’impression de lire de la science-fiction. Bien sûr, on me rappelait que c’était la vision d’une personne ayant reçu un diagnostic d’Asperger. Cependant, dans les faits, Hugo Horiot n’a jamais reçu de diagnostic. C’est le roman de sa mère, ainsi qu’une vidéo de quelques minutes tournée par un ami, lorsqu’il était adolescent, qui lui sert de diagnostic. J’ai beaucoup de difficulté avec l’autodiagnostic. Le syndrome d’Asperger est complexe et est fréquemment confondu avec d’autres diagnostics.

Je veux une maison faite de sorties de secours – sous la direction Claudia Larochelle

Je suis très admirative de l’œuvre de Nelly Arcan. J’ai même fait une relecture complète de ses livres l’an dernier. L’annonce de la sortie du film Nelly d’Anne Hébert – excellent en passant – m’a donné envie de me replonger dans l’univers complexe de Nelly. Une auteure fascinante, une Nelly flamboyante, une Isabelle que j’aurais prise dans mes bras. Isabelle, ce prénom que peu de gens connaissaient mais qui était pourtant le sien. Cette identité qu’elle cachait derrière le pseudonyme de Nelly, cette auteure qui maîtrisait l’autofiction comme pas une. Je n’ai jamais su distinguer le vrai du faux dans ses textes. Ça la rendait unique.

Chère Arlette – Arlette Cousture

Chère Arlette : vous, vos personnages, m’avez tellement manqué ! Je dois vous avouer que pour moi, Émilie Bordeleau porte les traits de Marina Orsini et Ovila Pronovost, ceux de Roy Dupuis. J’avais à peine huit ans en 1990, lorsque vos romans ont été portés au petit écran. C’est donc à travers le téléviseur de mes parents que j’ai découvert les peines, les joies, les drames de vos personnages.

Comme chiens et chats – sous la direction de Florence Meney

Comme chiens et chats : Une lecture tellement agréable. J’ai passé un beau moment de lecture avec les six auteurs du recueil de nouvelles Comme chiens et chats. J’ai commencé ma lecture en riant, j’ai versé quelques larmes également. L’émotion, l’inattendu, c’est ce dont je m’attends d’un recueil de nouvelles, donc je suis satisfaite.